Dépression post-partum

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L’accouchement est un processus difficile et épuisant. Une femme subit de nombreux changements hormonaux, physiques, émotionnels et psychologiques tout au long de la grossesse. Des changements considérables se produisent dans l’univers familial et interpersonnel de la mère. Environ une femme sur sept peut développer une dépression post-partum (DPP). Alors que les femmes souffrant de baby blues ont tendance à se rétablir rapidement, la DPP est généralement plus longue et affecte gravement la capacité des femmes à retrouver un fonctionnement normal. La DPP affecte la mère et sa relation avec l’enfant. La réaction cérébrale et le comportement de la mère sont compromis dans la DPP. Jusqu’à la moitié des cas de DPP chez les nouvelles mères ne sont pas diagnostiqués en raison de conflits liés à la protection de la vie privée et à la volonté de ne pas divulguer la situation à des membres de la famille proche. Les nouvelles mères sont également stigmatisées, car la divulgation peut conduire à l’abandon et à la crainte d’un manque de soutien. Obtenir des bons conseils sur la préparation à la maternité peut aider à éviter cette dépression.

Épidémiologie

La dépression post-partum survient le plus souvent dans les 6 semaines qui suivent l’accouchement. La DPP touche environ 6,5 % à 20 % des femmes. Elle est plus fréquente chez les adolescentes, les mères qui accouchent d’enfants prématurés et les femmes vivant dans les zones urbaines. Les mères afro-américaines et hispaniques ont signalé l’apparition des symptômes dans les deux semaines suivant l’accouchement, contrairement aux mères blanches, qui ont signalé l’apparition des symptômes plus tard, comme l’indique une étude.

Physiopathologie

La pathogénie de la dépression post-partum est actuellement inconnue. Il a été suggéré que la génétique, les facteurs de stress hormonaux et psychologiques et les facteurs de stress de la vie sociale jouent un rôle dans le développement de la DPP.

Le rôle des hormones de la reproduction dans le comportement dépressif suggère une physiopathologie neuroendocrinienne de la DPP. De nombreuses données indiquent que les modifications des hormones reproductives stimulent la dysrégulation de ces hormones chez les femmes sensibles. La physiopathologie de la DPP peut être causée par des altérations de plusieurs systèmes biologiques et endocriniens.

Les changements rapides des hormones reproductives telles que l’œstradiol et la progestérone après l’accouchement peuvent constituer un facteur de stress potentiel chez les femmes sensibles, et ces changements peuvent entraîner l’apparition de symptômes dépressifs. L’ocytocine et la prolactine jouent également un rôle important dans la pathogenèse de la DPP. Ces hormones régulent le réflexe de descente du lait ainsi que la synthèse du lait maternel. On observe souvent que l’absence de lactation et l’apparition de la DPP se produisent en même temps.

Traitement et prise en charge

La psychothérapie psychosociale et psychologique est le traitement de première intention pour les femmes souffrant de dépression péripartum légère à modérée, en particulier si les mères hésitent à commencer à prendre des médicaments et qu’elles vont allaiter le nouveau-né. Une combinaison de thérapie et d’antidépresseurs est recommandée pour les femmes souffrant de dépression modérée à sévère. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine constituent le premier choix. En cas d’inefficacité des ISRS, il faut envisager de passer aux inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ou à la mirtazapine. Lorsqu’une dose efficace est atteinte, le traitement doit être poursuivi pendant 6 à 12 mois afin de prévenir une rechute des symptômes.

Les patientes souffrant de dépression post-partum sévère peuvent ne pas répondre à la psychothérapie et à la pharmacothérapie. Pour les patientes réfractaires à quatre essais consécutifs de médicaments, l’ECT ou l’électro-convulsivothérapie ou la sismothérapie est recommandée. L’ECT est particulièrement utile chez les patientes souffrant de dépression psychotique, ayant l’intention ou des projets de suicide ou d’infanticide, et refusant de s’alimenter, ce qui entraîne malnutrition et déshydratation. Plusieurs études d’observation ont suggéré que l’ECT est une option plus sûre pour les mères allaitantes, car il y a moins d’effets indésirables pour la mère et l’enfant. Retrouvez des conseils utiles sur lemiroirdesfees.fr.